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Joël Dumé, DTNA de la FFR : « Il y a beaucoup de travail à faire au niveau de l’arbitrage sénégalais »Joël Dumé, Directeur technique national de l’arbitrage (Dtna) de la Fédération française de rugby (Ffr), a séjourné à Dakar du 26 avril au 2 mai 2009. Il a été invité par la FSR à arbitrer la rencontre Requins / S’en-Fout-le Score, deuxième demi-finale du championnat national de rugby disputée le vendredi 1er mai au stade Iba Mar Diop. Moussa Tall en a profité pour lui tendre son micro et l'interroger sur les raisons de sa présence au Sénégal, le rugby national et l’arbitrage.
Une interview réalisée par Moussa Tall (Le Matin, Dakar) - Photos de François Ruppin (Kamikazz-Photos)
Moussa Tall : Peut-on connaître les raisons de votre visite au Sénégal ? Joël Dumé : J’ai été invité par la Fédération sénégalaise de rugby (Fsr) pour une semaine afin d’appuyer la commission arbitrale de la FSR. Je suis venu faire de la formation auprès des jeunes arbitres, des arbitres stagiaires, des juges de touche qui arbitrent le championnat de rugby du Sénégal. Une semaine faite de plusieurs séances de formation, et on m’a gentiment invité à arbitrer également ce match, ce qui constitue un immense plaisir pour moi. MT: Comment avez-vous trouvé le niveau de cette rencontre ? JD: C’était une rencontre très intéressante, très serrée en première mi-temps avec beaucoup de jeu. On avait deux équipes au jeu complètement différent. D’un côté, des joueurs peut-être plus forts physiquement, mais en moins bonne condition physique parce qu’un peu plus âgés (Ndlr: équipe des S’en-Fout-le Score). Et puis de l’autre côté, une équipe vraiment très impressionnante derrière avec des joueurs très rapides, de bons mouvements et un très bon jeu de pied (Ndlr: Équipe des Requins de la Sicap). Donc j’ai été très agréablement surpris par le niveau de cette rencontre.
MT: Comment voyez-vous l’avenir du rugby sénégalais?
JD: Je pense que l’avenir du rugby au Sénégal passe forcément par la formation et il faut insister dans la formation de longue durée. Je crois que le rugby au Sénégal, comme dans tous les pays qui cherchent à se développer, prendra son essor grâce à la formation à tous les niveaux. Mais il est difficile d’établir des structures avec des gens qui finalement ne peuvent s’engager que sur une période courte comme les expatriés. Si on veut travailler à long terme, il faut obligatoirement former des cadres qui ont les racines ici tout simplement, pour bâtir sur du concret et sur du solide. Mais je suis heureux d’entendre qu’il y a beaucoup de clubs qui ont des écoles de rugby animées par des éducateurs sénégalais avec beaucoup de gamins qui comment à jouer. L’avenir du rugby passe par là. Il faut aller chercher les gamins dans les écoles, dans les quartiers pour les encourager à jouer et à aimer ce sport.
MT: Comment jugez-vous le niveau des arbitres sénégalais?
JD: Il y a du travail, beaucoup de travail à faire. Vous savez l’arbitrage ça suit le jeu. Donc forcément, il y a beaucoup de formation et de renforcement à faire. Il est important de développer un programme solide de formation pour que des rugbymen sénégalais s’engagent dans l’arbitrage. L’idéal est qu’il y ait des joueurs qui choisissent, passés trente ans, d’arrêter de jouer et de se lancer dans l’arbitrage pour qu’on puisse les former de façon approfondie. La FSR développe un programme de formation tant sur le théorique que sur la pratique. C’est important car il faut arriver à ce que l’on puisse coacher les jeunes arbitres sénégalais de la même manière qu’en Europe. De cette façon, les progrès peuvent être rapides et la FSR pourrait ensuite en proposer trois ou quatre aribitres à la Confédération africaine de rugby (CAR) pour arbitrer des matches internationaux. Ce serait la plus grande motivation. MT: Depuis combien de temps arbitrez-vous ? JD: J’arbitre depuis 25 ans. MT:A vous voir à l’œuvre, on a l’impression d’être en face d’un artiste sur la planche. Quel est votre secret ? JD: (Rire) Je crois que ce qui est important c’est prendre du plaisir comme pour les joueurs. Prendre du plaisir à l’arbitrage. Vous savez, quand on est sur le terrain et qu’on prend du plaisir à arbitrer, on a envie de continuer. On n’a pas envie d’arrêter. Mais il faut un peu d’expérience. Voilà c’est tout. Il n’y a pas de secret. Propos recueillis par Moussa TALL Samedi 2 Mai 2009
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