Formation arbitrale IRB 2011– Hervé Dubès dresse le bilan

Présent sous mandat de l’IRB mi-octobre pour un long week-end de formation arbitrale, Hervé Dubès, arbitre international, a assisté à la première journée du championnat de D1 et, par la suite, a dispensé son savoir aux stagiaires présents pendant ces trois jours. Pour nous, il revient sur son passage au Sénégal et dresse un premier bilan avant de revenir en mars 2012.



« Lors de mon retour, j’espère constater de nombreux progrès ! »

Hervé Dubès en formation théorique
Hervé Dubès en formation théorique

Hervé, quels étaient les objectifs de ce week-end de formation ?

L’objectif de ce week-end était la validation d’arbitres pour le niveau II IRB mais, après une demi-journée de formation et la supervision des arbitres sur la première journée de championnat nous avons changé notre fusil d’épaule. On a modifié le programme afin de revoir quelques notions fondamentales de l’arbitrage du rugby. La validation du niveau II IRB est quand elle reportée au mois de mars 2012.

Comment avez-vous senti l'implication du corps arbitral sénégalais ?

Participatifs et curieux, ils sont conscients des efforts à réaliser pour s’exprimer pleinement dans la mission demandée.

Quel est pour vous le niveau de l'arbitrage sénégalais ?

Il a un besoin indéniable de progresser par la pratique et le travail en groupe. Il y a plusieurs axes sur lesquels s’appuyés, il faut échanger d’avantage avec ceux qui ont plus d’expérience et il faut également se servir du visionnage vidéo pour accéder à une bonne auto critique. En dernier lieu, je pense qu’il faut encore plus sensibiliser le corps arbitral à l’esprit des règles et la connaissance du jeu.

Quel est le point particulier sur lequel vous avez insisté lors de vos interventions ?

Nous avons visionné ensemble les matchs de cette première journée, indispensable pour montrer à chacun, en situation, ce qui est bon ou ce qui est mauvais. Nous avons ensuite mis l’accent sur le travail de la gestuelle, ainsi que le placement et le déplacement sur le terrain. Nous avons également donné des pistes permettant l’analyse des différentes phases de jeu en insistant sur les priorités d’observations. Enfin, on est revenu sur la connaissance des règles et leur interprétation, nous avons terminé en marquant la sensibilité à l’esprit de la règle, essentielle pour une bonne utilisation de l’avantage.

Vous avez assité à l'ensemble de la première journée, comment avez-vous trouvé le niveau général du rugby sénégalais ?

Le mélange des locaux avec les expatriés permet d’allier l’expérience à la naïveté, j’ai assisté à trois matchs de niveaux très différents avec du jeu ouvert mais sans trop d’engagement. C’était la première journée, donc le début de saison, un moment où les joueurs peuvent plus s’exprimer en début de match car ils sont plus frais, malheureusement j’ai vu beaucoup de fautes de mains par la suite. Mais, la qualité individuelle de certains jeunes joueurs devrait faire évoluer le niveau de la D1 et c’était un plaisir de voir des jeunes équipes comme Yembeul, qui monte de division 2.

Vous avez une grande experience du rubgy africain en tant qu'intervenant, quelles sont les différences, points communs avec les autres pays du rugby africain ?

Côtés points communs, il faut noter la qualité athlétique des joueurs africains qui leur permet de s’exprimer pleinement individuellement, malheureusement au détriment parfois du collectif. On cherche encore trop à sauver l’équipe tout seul alors que le rugby est un sport collectif. Au Sénégal, comme dans le rugby africain, on manque encore de stratégie, le jeu au pied est quasi inexistant, et il existe une forte tendance à pratiquer la percussion directe sans essayer l’évitement, et oublie souvent d’aller au soutien du partenaire. La méconnaissance des règles aussi est un point commun, mais elle leur permet de s’engager sans retenue avec un jeu sans roublardise ni vice.

Par contre, J’ai remarqué que le respect de l’arbitre diffère selon certains pays. Certaines nations ont la mauvaise habitude de contester systématiquement les décisions. Ce comportement antisportif, a tendance à déstabiliser l’arbitre. Pour terminer, si je devais formuler rapidement les rugbys que j’ai côtoyés, je dirais que le rugby camerounais préfère le jeu d’avants, avec beaucoup de percussions individuelles. Que le rugby ivoirien est un peu plus ouvert, que les Marocains et les Tunisiens sont au-dessus avec en plus une utilisation du jeu au pied plus variée et surtout orientée.

Le rugby sénégalais me paraît lui plus complet avec des variations entre le jeu d’avants et le jeu de trois-quarts, il est capable de plus de jeu déployé au large.

Vous revenez bientôt pour poursuivre la formation arbitrale au Sénégal, quel devrait être le programme et quels sont les progrès que vous aimeriez constater lors de votre retour ?

Je compte revenir en mars 2012 pour la validation d’arbitres au niveau II IRB. Nous avons mis en place un plan d’action sur les prochains mois avec un suivi individuel, par arbitre, afin de guider leur progression. Après avoir fait un bilan de compétence, chaque arbitre devra définir ses objectifs sur la saison. J’aimerais faire le constat d’un approfondissement de la connaissance des règles avec une application pratique sur le terrain, mais également observer une bonne gestuelle avec un placement adapté aux situations de jeu. Ensuite, nous entrerons une analyse des phases de jeu avec la chronologie d’observation.

 

La FSR


Lundi 14 Novembre 2011

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