« C’était salé, c’était poivré, c’était pimenté … je n’ai pas tremblé comme cela sur mon banc depuis fort longtemps ! » confiait Adama Bakhoum, le coach des Jambars au coup de sifflet final. La finale 2010 du championnat national de rugby a tenu en haleine le nombreux public venu applaudir les deux meilleurs équipes de cette saison. Au terme d’un suspens digne des meilleurs scenarios de cinéma, les Jambars savourent un nouveau sacre après les victoires de 2008 (face aux Caïmans) et de 2009 (déjà face aux Requins).
Les deux formations ont livré un magnifique combat, très engagé, de la première à la dernière minute. Les Jambars n’ont pas loupé leur entame et le vent dans le dos se sont installés dans le camp des Requins. A la 5ème minute, un Requin se mettait à la faute sur un ruck et l’arrière buteur des Jambars Baba Counta Faye convertissait sans problème cette première pénalité sifflée en bonne position. 3-0. Dès la remise en jeu, les Requins dont on vante souvent la vitesse des trois-quarts ont clairement signifié qu’aujourd’hui, il faudrait compter sur eux dans le combat au près, la conquête, tant leur engagement fût total. Agressifs sur les rucks, toniques sur les percussions, ils parvenaient dès leurs premiers ballons à rivaliser avec le surpuissant pack des Jambars. Et ce sont finalement par leurs trois-quarts que les Jambars réussirent à se montrer menaçant, profitant dans un premier temps du vent pour jouer dans le camp adverse. Sur un ballon trop faiblement renvoyé au pied par les Requins, le centre Jambar Moussa Barry, excellent durant cette finale, lançait une très belle attaque qui après trois temps de jeu et deux renversements mourrait à deux mètres de la ligne quand le capitaine rouge et noir se faisait rattraper par l’intraitable défense des Sicapois. Cinq minutes plus tard c’était au trois-quart centre des Requins Amady Diallo de prendre magnifiquement l’intervalle pour franchir la ligne davantage et percer sur trente mètres. Malheureusement sa passe trop appuyée n’était pas contrôlée par son ailier empêchant les Requins de scorer. Le jeu devenait dense, concentré, avec beaucoup moins de fautes de main de part et d’autre que lors des précédentes rencontres, donnant un rythme particulièrement séduisant à la rencontre. Sur un petit côté intelligemment joué par la charnière des Jambars Camara-Thiam, le rapide ailier Souleymane Ly débordait son vis-à-vis et se présentait seul face au dernier rempart, l’arrière des Requins Ndiogou Sané, une nouvelle fois impeccable en dernier défenseur. Indécise, rythmée, engagée, la première période s’achevait sur ce petit score de 3 à 0 pour les Jambars.