Après Mali-Sénégal - A. Bakhoum: « Il y a cinq ou six joueurs locaux qui méritent d’être dans l’équipe A »

L’équipe nationale locale de rugby a disputé un match amical international contre son homologue du Mali à Bamako le samedi 27 juin 2009. Elle s’est soldée par une victoire des Lions 22-3. Conduisant la délégation sénégalaise, Adama Bakhoum, le Manager général du XV national, fait le bilan de ce déplacement.



Après Mali-Sénégal - A. Bakhoum: « Il y a cinq ou six joueurs locaux qui méritent d’être dans l’équipe A »
Entretien réalisé par Moussa TALL (Le Matin, envoyé spécial à Bamako) - Photos François Ruppin (Kamikazz)

Moussa Tall : Quel bilan sportif tirez-vous de ce déplacement de Bamako au cours duquel vous avez battu le XV malien par 22 à 3 ?

Adama Bakhoum : Le bilan dépend de l’objectif qu’on s’était fixé avant de venir à Bamako. Le nôtre était d’évaluer la progression du rugby sénégalais dans notre région d’Afrique de l’Ouest. Depuis cinq ans, on travaille très fortement avec la Fédération, les clubs et les écoles de rugby pour essayer de relever le rugby sénégalais. Et on a bien senti depuis deux saisons que le niveau avait progressé au niveau de championnat, mais il nous fallait trouver un sparring-partner à l’extérieur pour nous permettre de mieux mesurer cette progression. En battant aujourd’hui largement le Mali, un pays qui nous dominait il y a 5-6 ans (trois victoires maliennes en trois rencontres en 2003-2004), on peut dire donc que l’objectif est atteint. Et sur le plan du jeu, même s’il y a encore du déchet, on a assisté à une domination réelle du Sénégal autour d’un bon collectif.

M.T.: Le fait que la moitié de l’équipe soit constituée des Jambars n’a-t-il pas favorisé cette cohésion dont vous parlez ?

A.B.: Oui effectivement cela nous a aidés d’avoir près de la moitié de l’équipe qui appartient aux Jambars. Nous avions ainsi une solide base pour le collectif, nous n’avons pas eu besoin de tout mettre en place en partant de zéro étant donné que pas mal de joueurs avaient des repères ensemble. Il fallait juste qu’on puisse intégrer les joueurs issus des autres clubs et les articuler à cette façon de jouer. Et apparemment, cela n’a pas été très difficile parce qu’on a eu des joueurs extrêmement talentueux qui ont pu comprendre rapidement ce qu’on voulait et ils ont pu s’adapter.


José Rui Mendy, une des statisfactions de Bamako
José Rui Mendy, une des statisfactions de Bamako
M.T.: Le XV du Sénégal doit se déplacer au Maroc pour un tournoi international de l’élite africaine. Qu’est ce que l’équipe nationale locale peut apporter à la grande équipe nationale ?

A.B.: Le tournoi de Safi au Maroc est programmé la semaine prochaine donc les deux groupes, celui de Bamako et celui pour le Maroc, ont été formés depuis quelques semaines déjà. C’est d’ailleurs dès vendredi prochain qu’on rejoint Casablanca pour démarrer le regroupement samedi avec notre équipe A. Cette équipe est encore principalement composée de joueurs sénégalais évoluant en France (Sénèfs) qui forment un groupe avec nous depuis 4 ans maintenant. Mais dans notre esprit on veut créer petit à petit une réelle symbiose entre les Sénèfs et l’équipe locale, et on y arrivera en multipliant les occasions de faire jouer l’équipe locale. Je pense que dans le groupe qu’on a amené au Mali, il y a cinq ou six joueurs qui, aujourd’hui, mériteraient d’être dans la sélection de l’équipe A. Il y avait d’ailleurs une place à prendre suite à un forfait dans les lignes arrières de l’équipe A et c’est le trois-quart centre le plus en verve à Bamako samedi, José Rui Mendy des Caïmans, qui a été choisi pour le remplacer ! C’est un signal fort pour tous les jouers locaux !

M.T: Contrairement au Mali, le Sénégal ne sera pas au Tournoi de développement de la CAR à Lomé du 10 au 18 juillet prochain. Cette compétition ne serait-elle pas une aubaine pour l’équipe locale?

A.B.: Ces tournois de développement de la CAR concernent les nations de ce que nous pourrions appeler la deuxième division africaine avec, dans notre région, des équipes comme le Mali, le Niger, le Ghana, le Togo, le Nigeria, le Burkina... Depuis son parcours exceptionnel en éliminatoires de la Coupe du monde en 2005, le Sénégal évolue dans le Top 12, ou « élite africaine », qui se dispute la Coupe d’Afrique. Donc, on ne peut pas participer à la compétition qui se déroulera au Togo.
Ce qu’on cherchera à faire dans les années à venir, c’est de demander une dérogation à la Confédération africaine de rugby (Car) pour faire jouer justement notre équipe locale là au niveau des tournois sous-régionaux de la CAR. Nous en avons parlé avec le représentant de la CAR quand il est passé à Dakar, nous espérons qu’ils pourront accepter cette idée à terme. Car cela nous permettrait de rejouer en compétition contre ces équipes qui nous dominaient souvent avant 2005, donc de tester davantage nos locaux et de savoir où est notre place en Afrique de l’Ouest avec ce groupe.

Dimanche 5 Juillet 2009

XV du Sénégal | XV local